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Le traumatisme craniocérébral : la face de moins en moins cachée du sport

Donald St-Pierre et Rémi Bélanger témoignent pour permettre à la population de mieux connaître les traumatismes craniocérébraux. (Photo Thaïs Martel)

Donald St-Pierre et Rémi Bélanger témoignent pour permettre à la population de mieux connaître les traumatismes craniocérébraux. (Photo Thaïs Martel)

Thaïs Martel
Publié le 14 Mai 2012
Publié le 14 Mai 2012
Thaïs Martel  RSS Feed
Journal L'Appel, membre du groupe Québec Hebdo

Semaine québécoise du TCC

Sidney Crosby a été cette année la plus médiatisée des victimes de traumatisme craniocérébral (TCC) avec ses commotions cérébrales. Sauf qu’il est loin d’être le seul. Selon une étude récente, chaque année 21 000 personnes subissent un traumatisme craniocérébral au cours de la pratique d’une activité récréative ou sportive.

Sujets :
Regroupement , Université Laval , Association des TCC des Deux Rives , Circuit de la Coupe , Secteur de Loretteville

Maux de tête persistants, difficultés de concentration, troubles de l'équilibre, troubles psychiques de différents ordres : les séquelles du TCC sont multiples. Dans le cadre de la 10e semaine québécoise du TCC, le Regroupement des associations de personnes traumatisées cérébrales (RAPTCCQ) souhaite sensibiliser la population aux conséquences des traumatismes craniocérébraux subis dans le sport.

Selon la neuropsychologue Geneviève Boulard, il reste encore beaucoup de travail de sensibilisation à faire auprès des athlètes, du personnel entraîneur et des parents, même si les TCC font de plus en plus les manchettes.

«J’en vois beaucoup qui ne retournent plus au jeu, qui ne retournent pas à l’école ou qui ne sont plus productifs sur le marché du travail. C’est dû à un mauvais encadrement, à des retours au jeu précipités et à une accumulation de TCC sur un cerveau non encore rétabli. Ça existe encore beaucoup trop souvent.»

Claude Goulet, professeur au département d’éducation physique de l’Université Laval et auteur d’une étude sur de jeunes hockeyeurs ayant subi un TCC, croit toutefois qu’il ne faut pas aller trop loin et limiter la pratique du sport. «Il ne faut pas voir les blessures comme étant une fatalité dans le sport. Notre travail, c’est d’optimiser la pratique bénéfique du sport en réduisant les blessures», explique le spécialiste.

Il propose pour ce faire une action en quatre points. «Il faut travailler sur l’attitude et le comportement, le choix de l’équipement, l’environnement physique et l’encadrement», estime-t-il.

Des victimes de TCC témoignent

Rémi Bélanger et Donald St-Pierre connaissent bien les conséquences des TCC et pour cause : ils les ont tous deux expérimentés. Le premier, un skieur acrobatique qui compétitionne sur le circuit de la Coupe du monde, devrait pouvoir recommencer à skier sous peu, mais le second, qui a subi un accident lors d’une course de moto sur glace en janvier 1995, devra vivre le reste de sa vie avec des séquelles. Il portait bien un casque lors de son accident, mais avec le froid et la pression de la moto qui le suivait et qui lui est carrément passée sur la tête, celui-ci a cédé.

«J’ai appris à fonctionner, mais tout ce qui je fais est plus long. Je dois vivre avec un seul bras mobile, me déplacer avec une canne et je suis aveugle d’un œil», décrit M. St-Pierre, qui fréquente aujourd’hui l’Association des TCC des Deux Rives situés dans le secteur de Loretteville.

Quant à Rémi Bélanger, il assure que sa commotion cérébrale le marquera à jamais. «C’est l’une des blessures les plus difficiles mentalement que j’ai vécue. J’ai appris beaucoup à cause d’elle.»

L'Appel, membre du Groupe Québec Hebdo

Pour plus d’informations : www.raptccq.com ou www.tcc2rives.qc.ca

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