La femme, retraitée depuis sept ans et ayant œuvré quotidiennement durant 36 ans à l’usine, s’est rendue sous les échangeurs face à son ancien lieu de travail afin d’écouter son président syndical. «Il y a eu une injustice flagrante», confie-t-elle dénonçant les négociations différentes entre l’usine de Rivière-du-Loup, Papier Masson à Gatineau et Québec.
William Crawford, un contre-maître mécanique de Loretteville, a travaillé pendant une quarantaine d’années. M. Crawford comprend difficilement la baisse de 30% à Québec comparativement à 10% à Rivière-du-Loup et à Gatineau. «Perdre 30%, c’est un coup bas. On s’est fait avoir. Le gouvernement devrait avoir des lois plus sévères», mentionne-t-il. Un peu plus loin, le Beauportois Jean Bolduc attend. L’attente perdure depuis plusieurs mois, mais cette fois-ci, le portrait est plus inquiétant. À la retraite depuis seulement deux ans, il voit ses revenus de retraite fondre. Le repos paisible tant attendu se révèle être plus stressant que prévu.
«Nous ne sommes pas des antisyndicalistes»
«On nous a accusés de nous opposer à la réouverture de l’usine, on a affirmé nous avoir consultés à plusieurs occasions, on a même affirmé que nous avions accepté une diminution de 30% de notre revenu de retraite. Laissez-moi vous dire que toutes ses affirmations sont fausses», a déclaré le président du Syndicat des retraités de l’usine Stadacona, Gilles Bédard.
Les retraités rappellent avoir accompagné les employés et le syndicat durant leur lutte. «Nous ne voulions pas être le problème, nous voulions être une partie de la solution», a ajouté le président. Ce dernier a voulu remettre les pendules à l’heure. «Ce n’est pas la reprise de l’usine que l’on met en doute, fait-il valoir. C’est le traitement que l’on subit, contrairement à ce que beaucoup de gens répandent.»
«Nous ne sommes pas des antisyndicalistes» - - président des retraités de l’usine Stadacona, Gilles Bédard.
M. Bédard a aussi démenti l’intention du regroupement de déposer une poursuite. Le Syndicat des 875 retraités entend s’informer auprès de leurs avocats afin de regarder s’il y a des mesures légales en vue de faire respecter leurs droits. Questionné à savoir si ce type de démarches pourrait mettre en péril la réouverture de l’usine, le président des retraités infirme l’hypothèse. «Pour nous, le dossier de l’ouverture de l’usine est classé», confirme-t-il.
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Québec Hebdo

