Vous le savez sans doute; et sans doute avez-vous pris connaissance de la facture salée (1 milliards $) qui les accompagne : du 25 au 27 juin se tiendront successivement dans la région de Toronto les sommets du G8 puis du G20 (G8 pour le club des 8 économies les plus puissantes au monde; G20 pour les 20 plus puissantes) Ceux–ci s’annoncent pour le moins décevants au chapitre des changements climatiques et de l’environnement. Contrairement à ce que veut la tradition (et l’évidente nécessité), il n’y aura pas de réunion des ministres de l’environnement; pourtant cela était le cas, réunion après réunion, depuis 1994. On reconnaît là la signature de Stephen Harper pour qui l’environnement est « distraction » (« sideshow » en anglais)! Malgré sa ferme intention de faire le contraire, Stephen Harper a du reculer et inclure la question du réchauffement climatique à l’ordre du jour. La pression était trop forte et venait de toutes parts : du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon; de Lord Nicholas Stern (mandaté par le gouvernement britannique d’évaluer les coûts –faramineux - liés au réchauffement climatique; de six Prix Nobel canadiens, du Président mexicain, etc. Le jeu que joue Stephen Harper est un petit jeu dangereux; pour le climat bien entendu, mais également pour le Canada lui-même et donc pour chacun d’entre nous. Son insistance unilatérale à baser la prospérité canadienne sur l’exploitation des richesses naturelles et du pétrole a eu pour effet de pousser à la hausse la valeur du dollar canadien. Cela a fortement handicapé les exportations du Québec et nous a déjà coûté des milliers d’emplois. Les gens de la Beauce, une région du Québec fortement exportatrice vers les États-Unis, vous en parleront volontiers. Ignorer l’émergence de la nouvelle économie va finir par nous coûter cher. Après Toronto, un G20 se tiendra en Corée du Sud en novembre prochain. À l’ordre du jour : « Plans de développement à faible intensité carbone ou zéro carbone ». Malheureusement, le Canada risque d’y faire figure de « pee-wee » dans la Ligue nationale des économies du futur. Steven Guilbeault
Un G8 expurgé des questions environnementales
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