Au secondaire, les garçons choisissaient la construction. Daniel Soucy lui, a demandé de suivre le cours de sciences familiales. Il était peut-être le seul gars parmi 325 filles, mais, au moins, il faisait ce qu’il aimait : la cuisine. Au sein des Forces armées canadiennes, la passion pour la bonne bouffe de l’adjudant Daniel Soucy l’a amené en Europe, sur les mers et dans les airs. Il a cuisiné pour les hauts gradés comme pour les soldats. Et si son travail l’a souvent obligé à se lever le premier et à se coucher le dernier, il n’en a cure. Pour lui, le plus important, c’est de donner un peu de joie à travers un bon repas. Portrait d’un cuisinier militaire.
«Être cuisinier dans les Forces, c’est soutenir le moral des troupes. On acquiert rapidement le respect de nos pairs. Pendant cinq minutes, trois fois par jour, on est de véritables stars», commence l’adjudant.
Il parle de son métier avec l’ardeur des passionnés, ce qui pourrait laisser croire que la cuisine dans l’armée représente un métier facile. À l’entendre raconter son cheminement toutefois, on comprend rapidement qu’il en va tout autrement.
L’aventure de Daniel Soucy derrière les fourneaux commence à la toute fin des années 70, quand il s’enrôle. Après un cours de cuisine de trois mois, il est assigné dans la marine, sur les bateaux, une tâche très exigeante. «Il faut tout faire : le plat principal, le dessert et même la vaisselle. On a un équipage à nourrir et c’est impossible de se revirer de bord en cas de problème», résume le cuisinier originaire du Nouveau-Brunswick.
«Être cuisinier dans les Forces, c’est soutenir le moral des troupes. Pendant cinq minutes, trois fois par jour, on est de véritables stars.» - Adjudant Daniel Soucy
Après cette première affectation, il a roulé sa bosse, tellement qu’il a monté les échelons jusqu’à devenir cuisinier sur les avions du premier ministre et du gouverneur général. Il a même travaillé pendant trois ans en Belgique, comme chef attitré de Raymond Hénault, le général président du comité militaire de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord).
Sa curiosité culinaire a été satisfaite en Europe. «J’ai découvert plein de choses, j’ai fréquenté des salons culinaires. J’ai été dans des positions très prestigieuses, mais j’apprends encore. Il y a beaucoup d’échange dans le métier. On apprend toujours des trucs», assure l’adjudant Soucy.
Reste que pour lui, il y a bien peu de différences entre le fait de cuisiner pour un chef d’État ou pour un simple soldat. «Le plaisir de cuisiner, c’est rattaché à la passion pour le métier. On le fait pour le client, peu importe le rang. Le soldat doit aussi bien manger que l’officier», explique-t-il.
L’armée a d’ailleurs une tradition qui le démontre : le dîner de la troupe. Ce sont alors les officiers qui assurent le service et le plus jeune membre de la troupe prend la place du commandant. À la garnison de Valcartier, la fête représente un gros défi pour les cuisiniers. Alors que l’adjudant Soucy et son équipe voient habituellement défiler entre 500 et 700 personnes par repas, ils doivent alors servir 2300 personnes.
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