Le secteur manufacturier souffre depuis quelques années de cette tendance qu’ont les entreprises d’ici de confier à des sous-traitants étrangers – où le coût de la main-d'œuvre est moindre – la confection de leurs vêtements.
Kathy Jeffrey, de l’atelier de couture Finfino, ne s’est pas laissé décourager par cette nouvelle réalité et a ouvert son atelier il y a trois ans, coin boulevard Valcartier et rue Racine. Une boutique s’ajoutera d’ailleurs au printemps.
Depuis, elle fait un peu de tout en couture, ne se restreignant pas à une spécialité. «Ma passion, c’est de créer des choses utiles pour les gens. Il n’y a pas de limite», dit-elle.
Elle travaille le cuir pour en faire des sacoches, conçoit des accessoires pour les motocyclistes, pour les amateurs de jeux de rôles, des tuques pour le Carnaval de Québec, répare, raccourcit, rajeunit d’autres vêtements, manteaux… Des morceaux qui ont une valeur sentimentale, des clients soucieux de l’environnement, ou simplement parce que la pièce de vêtement, dans son ensemble, est encore bonne.
«Il y a encore beaucoup de gens qui ne veulent pas jeter», souligne-t-elle en donnant comme exemple une femme qui a fait raccourcir le manteau de cuir qui appartenait à sa mère pour lui donner une seconde vie et une allure plus moderne.
Elle crée même des outils pédagogiques pour les CPE, jusqu’aux housses pour les jeux.
Prototypes et accessoires personnalisés
L’avantage de la confection d’objets uniques est que la couturière peut personnaliser les accessoires selon le besoin du client. Des concepteurs l’approchent même pour faire des prototypes de leurs inventions. Mme Jeffrey a entre autres travaillé à l’arrangement de vélos spéciaux pour handicapés.
Le travail de conception est donc plus important que celui de reproduction. Un travail qui nécessite une relation très étroite avec le client. Mme Jeffrey a ainsi dû développer cette facette de son travail de couturière, les artisans étant, la plupart du temps, en tête à tête avec leur machine à coudre.
En attendant l’ouverture de sa boutique – qu’elle prévoit en mai – Kathy Jeffrey continuera à concevoir des accessoires uniques, au gré de la volonté de ses clients. Comme quoi les petits ateliers n’ont pas dit leur dernier mot.
Finfino sur le web: www.finfino.com

