Mme Duchesne, qui a œuvré plusieurs années dans le domaine de la comptabilité, a décidé de fouiller les chiffres afin de trouver une explication. Elle a découvert que des revenus, tel le programme fédéral de la Sécurité de la vieillesse, sont ajustés, à chaque année, au coût de la vie. Mais pas l’Allocation-logement. Le plafond des revenus admissibles n’a pas bougé depuis 1998. «Ma mère a toujours le même pouvoir d’achat qu’avant, note Mme Duchesne, mais pour le programme d’Allocation-logement elle est considérée comme plus riche. Les loyers, l’électricité, l’alimentation, les médicaments continuent d’augmenter. Si les plafonds d’aide ne sont pas indexés au coût de la vie, les personnes âgées ne cessent de s’appauvrir.» «Ce qu’on leur donne d’une main, on le leur enlève de l’autre», illustre-t-elle. Le programme a pourtant été fondé principalement pour venir en aide aux personnes âgées à faible revenu. Pour être admissible, une personne seule doit détenir des revenus annuels de moins de 16 480$. Plus on s’en approche, plus l’allocation est amputée.
Mme Duchesne est donc entrée en contact avec différents ministères pour dénoncer ce qu’elle considère comme injuste. «Déjà que ma mère, comme beaucoup de femmes de son époque, ne reçoit presque rien de la Régie des rentes du Québec. Elle a pourtant travaillé pendant 25 ans au commerce de mon père. Mais ce n’était pas reconnu à l’époque», renchérit-elle.
Aux ministères, on lui a répondu qu’on ne pouvait rien y faire. Elle ne s’est pas laissée démonter. Sa croisade débutait. Elle a contacté le bureau de son député où on l’a aidé à porter ce dossier jusqu’à l’Assemblée nationale. On lui a suggéré de monter une pétition. Elle s’est dès lors attelée à la tâche, en contactant en premier ceux qui étaient le plus susceptibles d’être en contact avec des personnes âgées, comme des directeurs de maisons d’hébergement. «Souvent, c’est moi qui leur donnais les réponses aux questions posées par leurs pensionnaires sur ce sujet», s’étonne-t-elle. L’Association Féminine d’éducation et d’action sociale(AFÉAS) dont Mme Duchesne est membre a également aidé la résidente de la rue l’Aster à recueillir les signatures. Pendant deux mois, elle a participé à des activités de groupes communautaires, multiplié les appels et le porte à porte. Elle a alors constaté que beaucoup d’ainés qui pourraient bénéficier de l’allocation-logement ne sont même pas au courant de l’existence de ce programme. «J’intervenais pour obtenir des signatures pour ma pétition et je me retrouvais agente d’information pour le gouvernement. On dirait que le gouvernement ne veut pas faire connaître ce programme. Les personnes qui peuvent en bénéficier sont pourtant parmi les plus démunies de la société», s’indigne-t-elle.
Finalement, le 7 décembre dernier, Mme Duchesne a accompagné le député de Vanier, Sylvain Légaré lors du dépôt à l’Assemblée nationale de la pétition de 1415 noms.
Mme Duchesne a également pu dénoncer de vive voix la non-indexation du programme Allocation-logement à la ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, lors des consultations publiques sur la condition de vie des aînés.
Des aînés s’appauvrissent
Une citoyenne de Lebourgneuf s’attaque à l’Allocation-logement
Depuis cinq ans, les montants de la subvention au logement de la mère de Paule Duchesne ne cessaient de diminuer. Pourtant, d’année en année les revenus de l’octogénaire stagnaient.
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