Le couple de Lebourgneuf a visité 14 pays et a parcouru au total plus de deux fois la circonférence de la terre (40 000km), soit 94 500 km. Les souvenirs sont nombreux, certains mémorables, d’autres plus tristes. Côté plongée sous-marine, l’Indonésie a été source d’émerveillement notamment grâce à la raie manta et les requins. «Au niveau de la faune aquatique, tout est disproportionné en Indonésie. En Australie, c’était sur la terre: le budget», lance à la blague Carl Auclair. Les grandes barrières de corail au pays des kangourous, si souvent citées en exemple par les spécialistes, n’ont pas impressionné les amateurs de plongée québécois. (Lire: leur chronique ) «Il y a toutes sortes de facteurs explicables et inexplicables ayant fait que nos plongées ont été plus ou moins intéressantes», explique-t-il. L’eau froide et les nombreuses attentes non atteintes en Équateur constituent la plongée la plus décevante, selon eux. (Lire aussi: leur chronique )
Quant à l’expérience culturelle vécue par le couple de Lebourgneuf, elle a été diverse. Chaque pays semble les avoir touchés à leur façon. En Ouganda, ils ont parrainé une petite fille. Un geste spontané à la suite d’une visite d’un village. (Lire: leur chronique ) Ils ont été impressionnés par la force physique des porteurs de soufre au volcan Kawah Ijen sur l'île de Java en Indonésie. (Lire aussi: leur chronique ) «Ils transportaient plusieurs kilos de soufre, parfois plus que leur poids», précise Karine. Leur expérience en Égypte a été tout autre. Alors qu’ils ont pu discuter simplement avec les Indonésiens, ils se sont sentis harcelés par certains Égyptiens dans les milieux touristiques. Leur début de voyage a été également pénible. Victimes d’une agression au couteau, ils ont été volés à Quito, une expérience les amenant à demeurer très vigilants par la suite. «À partir de ce moment, on a voyagé autrement», confie Carl. (Lire aussi: leur chronique )
Même si le couple n’en était pas à son premier voyage, le retour à la réalité a été pénible. En fait, le retour ne se fera jamais réellement. (Lire: leur chronique ) L’expérience du tour du monde a changé leur perception de la vie. «On a tellement vu la vraie vie, souligne Carl. Tu vois la nature et les gens dans la misère. Là, tu reviens au travail, du 8 à 5. Ta philosophie change beaucoup.» Ils ont découvert qu’il existe deux réalités, celle du Québec et celles des gens rencontrés un peu partout dans le monde. Difficile mainmettant qu’ils connaissent les deux côtés de la médaille d’être heureux dans sa réalité. «Il va falloir se reconnecter aux vraies valeurs et on les retrouve souvent en voyage», laisse tomber Carl. Marqués au fer rouge par tout ce qu’ils ont vu et vécu, Carl et Karine projettent à moyen terme de repartir. «Le retour n’a pas été facile, mais ce qui est stimulant, c’est que l’on a d’autres projets de voyage», complète Karine.
Parmi les moments importants de leur tour du monde, la découverte de petits singes dans un état lamentable constitue leur coup de cœur indonésien. (Lire aussi: leur chronique ) «On s’est occupé des singes. On se levait tôt et on passait la journée là-bas. C’est une expérience que l’on oubliera jamais», témoignent-ils. Malgré de nombreuses tentatives, le couple n’a pas réussi à faire relâcher les petites bêtes en nature. D’ailleurs si une opportunité s’offre à eux afin d’aider certaines espèces animales dans un autre pays, les voyageurs pourraient bien être tentés.
En attendant, le couple de Lebourgneuf a participé à une conférence dans le cadre des Petits explorateurs. L’événement a permis de recueillir 1040$. La somme sera remise à la Fondation Rêves d’Enfants. Ils souhaitent également partager leurs expériences avec les personnes âgées qui n’ont peut-être pas eu la chance de découvrir le monde. «Parmi eux, il peut y avoir des personnes isolées n’ayant pas eu l’occasion de réaliser leur rêve», fait observer Carl.
Pour contacter Carl Auclair et Karine Lejeune: lafolleescapade@hotmail.com L’Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

