Tous justes débarqués de l’avion, nous sommes frappés par le « beat » de la région. Ce n’est pas seulement que nos tympans vibrent au rythme du reggae et du calypso mais les douaniers travaillent à un rythme si relaxe que nous attendons 1h30 dans une file d’attente avant de faire estampiller nos passeports. Nous rejoignons finalement notre hôtel en soirée et pouvons gagner notre lit après cette longue journée de transport. Le bar à quelques pas de notre chambre attire les fêtards comme des goélands au McDonald. Pour certaines personnes, le sommeil semble superflu, incluant le nôtre. Il n’en faut pas plus pour que, dès le lendemain matin, nous demandions à changer de chambre. Avec le poids de la fatigue, nous allons quand même explorer le centre-ville de l’île. Pour s’y rendre, nous prenons un bus local pas cher et on en a pour notre argent : sièges troués et pneus lisses telle une peau de bébé tellement ils sont usés. En plus, ces monstres mécaniques roulent à des vitesses extrêmes. La sécurité ici est vraiment secondaire!
Dans la poursuite de notre visite de l’île, on opte pour la location d’un véhicule à la portée de notre maigre budget: une Jeep, sans assurance, sans porte et sans ceinture de sécurité. C’est à se demander si nous ne sommes pas un peu kamikazes. Nos parents sauraient sans doute nous le reprocher… Nous faisons presque le tour complet de l’île. Il fait beau, la mer est superbe et nous en profitons pour arrêter là où nous voulons. Pas très loin de la route, El Hoyo Soplador nous présente un phénomène naturel produit par une série de tunnels souterrains se réunissant à quelques mètres de la mer. À la marée haute, le vent pousse les vagues dans ces tunnels comprimant l'air et l'eau. Comme résultat, ils créent un geyser d’eau d’une dizaine de mètres à l’extrémité des tunnels. Juste pour cela, ça valait la peine de jouer aux kamikazes.
Les eaux coralliennes tout au long de son littoral faisant de San Andres un merveilleux endroit pour la plongée sous-marine, on décide sur un coup de tête de s’initier à ce sport. Un centre de plongée tout près nous explique les rudiments à respecter avant de mettre à exécution notre projet : nous devons suivre une formation internationale de cinq jours afin d’obtenir notre certification de plongeurs. Cette certification nous permettra par la suite de plonger partout dans le monde jusqu’à 60 pieds de profondeur. Coup de chance, un instructeur stagiaire Belge est sur place et pourra nous donner les consignes dans notre langue. En échange de quelques centaines de dollars, nous choisissons donc de plonger (quel jeu de mots) dans l’aventure. Après des cours théoriques et des cours pratiques en piscine, le centre de plongée Centros Nauticos del Caribe nous emmène sur la mer. Il ne faut pas oublier les règles essentielles de plongée. Toujours surveiller notre partenaire (il faut toujours plonger avec une autre personne), respirer normalement, ne pas toucher aux poissons ni aux coraux (certains sont dangereux) et surtout ne jamais paniquer. Assis sur le rebord du bateau, on se laisse tomber à la renverse. Une certaine crainte nous envahis soudainement : Et si on manque d’air? Et si on se perd de vue? Trop tard, nous commençons notre descente dans ce nouveau monde de l’apesanteur. Dès les premières secondes, notre univers inconnu se transforme en un univers fascinant. Cette beauté sous-marine avec les couleurs éclatantes et son trafic poissonnier nous comble. Ces premiers instants nous convainquent : nous sommes maintenant des passionnés de plongée sous-marine.
L'Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo
