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Zoo sans cage

Zoo sans cage (Photo La folle escapade)

Zoo sans cage (Photo La folle escapade)

Publié le 10 Janvier 2012
Publié le 10 Janvier 2012
Sujets :
Québec Hebdo , Costa Rica , San José , Amérique Centrale

La folle escapade

Question de pousser l'aventure toujours plus loin, nous nous retrouvons au Costa Rica en plein mois d'août même si on nous a avisés qu'à cette période c'était la saison des pluies. C'est dans sa capitale San José que nous atterrissons. Comme trop de grandes villes d'Amérique Centrale, il y a peu à dire de cette ville chaotique qui s'avère plutôt polluée. Voilà un incitatif supplémentaire pour partir avec empressement à la conquête du pays. L'objectif ultime étant de sortir des sentiers battus, nous louons un véhicule 4 x 4 qui saura faire face au terrain accidenté du Costa Rica. L'accès à certains volcans confirme l'investissement. Que ce soit l'Irazú avec son lac sulfureux verdoyant, l'Arenal avec ses coulées de lave rouge perçant l'obscurité de la nuit ou le Poás qui ne tarde pas à disparaître dans les nuages peu de temps après le lever du soleil, tous valent le déplacement.

Le Refuge National Hacienda Barú continue à mettre à l'épreuve notre tout-terrain: pour atteindre le parc, il faut rouler près d'une heure sur une route de gravier où la profondeur des nids de poule donne l'impression d'un site d'entraînement militaire. La récompense est qu'une fois sur place, à portée de bras, se trouve perché dans un arbre un jeune paresseux. On a peine à contrôler notre excitation qui ne ferait qu'effaroucher la bête. L'excitation est d'autant plus intense du fait que c'est notre première véritable rencontre avec un animal de la jungle dans son habitat naturel. Il s'agit d'un fait inusité étant donné que les paresseux ont l'habitude de descendre de la cime des arbres qu'une fois par semaine pour faire leurs besoins. Le Parc National Manuel Antonio nous offre aussi sa part d'émotions. De nombreux singes se donnent en spectacle dont les capucins à face blanche et les singes hurleurs noirs. Ces derniers ne manquent pas de signifier leur présence par la résonnance de leur cri. On n'était pas au bout de nos surprises avec Crocodile Man. Lors d'une expédition sur la rivière Tarcoles, Crocodile Man (le guide) saute sur la rive où plusieurs "crocos" se font chauffer au soleil. Le kamikaze pousse l'audace en nourrissant à main nue un de ces monstres pouvant atteindre cinq mètres.

Notre intérêt se porte également sur la faune marine. Lors d'une plongée sous-marine à Playa del Coco sur la côte ouest, nous vivons notre premier face à face avec un requin. Nos cœurs s'emballent, mais il faut peu de temps pour que cette victime de paranoïa collective finisse par nous apprivoiser. Sur la côte opposée, s'offre à nous un événement unique: la ponte des tortues vertes sur l'île de Tortuguero. Dans le respect des reptiles, un guide équipé d'une lampe à infrarouge illumine dans la nuit les œufs expulsés par une de ces tortues. C'est dans un nid creusé sur la plage que nous observons les œufs s'empiler à vue d'œil. Malheureusement, seulement 0,01% des nouveau-nés survivront aux éléments et aux prédateurs.

Puerto Jiménez est notre prochaine destination que l'on atteint cette fois à bord d'un autobus scolaire aucunement adapté à ce genre de route. Le radiateur qui surchauffe demande constamment d'être abreuvé. Le conducteur répond à la demande en ajoutant de l’eau puisée à même un ruisseau boueux longeant la route. Inévitablement, le monstre mécanique finit par rendre l'âme et il faut patienter au milieu de nulle part pendant une éternité et demie, le temps qu'un autre autobus passe nous prendre. Le but de cette pénible promenade est principalement d'observer un jaguar dans son milieu naturel. Au cours de notre quête de jaguar, de magnifiques Aras rouges (perroquets) détournent notre attention en venant se pavaner au-dessus de nos têtes. Soudain, la météo anéantit nos faibles chances de rencontrer le félin lorsqu'une pluie torrentielle s'abat sur le secteur toute la journée durant. La saison des pluies qui s'était montrée accommodante jusqu'à présent a une façon un peu cavalière de nous rappeler sa présence.

 

L'Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

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