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Jamais deux sans trois

La photo a été prise dans un secteur en

La photo a été prise dans un secteur en

Publié le 25 Avril 2012
Publié le 25 Avril 2012

La Folle Escapade: Texte de Carl Auclair et Karine Lejeune

Alors qu’on était au Belize, on s’est dit pourquoi ne pas se rendre au Guatemala juste à côté et maintenant qu’on est au Guatemala, pourquoi ne pas se rendre au Honduras qui est aussi juste à côté? Sans faire ni un, ni deux, nous voilà repartis. L’Honduras est, lui aussi, un pays d’Amérique centrale situé à l’est du Guatemala et sera notre troisième destination en autant de semaines.

Sujets :
Québec Hebdo

Comme toujours, on veut découvrir l’endroit à notre façon donc rien de mieux que de louer une voiture pour le faire. Dans un souci d’économie, on opte pour la voiture la moins chère : une Lancer de Mitsubishi grise avec aileron sur le coffre arrière. On peut dire qu’elle a de la gueule. Sans tarder, on monte à bord en direction de… De ce que la route nous réservera. Les paysages avec leur végétation d’un vert éclatant attirent nos regards, mais on constate aussi que les règles de circulation routière ne sont pas vraiment une priorité ici. En fait, c’est à se demander s’il y en a. Les conducteurs n’ont aucune notion du danger dépassant sur des routes sinueuses sans même savoir si un autre véhicule vient en sens inverse. Dans les courbes, on en a le souffle coupé à chaque fois qu’un véhicule effectue une manœuvre de dépassement à l’aveuglette. C’est un vrai jeu de roulette russe. La témérité prend tout son sens lorsque l’on croise une voiture étant entrée en collision avec un autocar. La scène est pathétique, mais inévitable.

Plus on s’éloigne de la civilisation, plus nous remettons en question notre choix de voiture de location. Les routes asphaltées font bientôt place à des routes parfois de gravier, parfois de terre, mais aussi de sable… Il faut juste s’être enfoncé une fois dans le sable avec sa voiture pour comprendre que ce n’est pas le pavement idéal pour circuler. Nous sommes rendus à devoir « grimper » des dunes de sable et ce n’est certainement pas notre bel aileron arrière qui nous sera utile si on devait s’embourber. Nous sommes tellement isolés de toute civilisation que lorsque nous traversons un village, les habitants nous regardent tel un extra-terrestre venu sur terre. On ne sait trop si c’est notre teint pâle qui provoque cette réaction ou notre vaisseau spatial à quatre roues ou bien toutes ces réponses.

Alors qu’on se croyait isolés comme jamais, voilà qu’un panneau de Vision Mondiale indique que les villages avoisinants sont parrainés par l’organisme. Il ne manquait plus que ça. Encore quelques kilomètres et on va revivre le Big Bang des origines de la terre. Poussés par notre curiosité et guidés par les indications du panneau, on s’engage sur une route poussiéreuse dans l’espoir d’atteindre un des villages. On entend tellement parler de Vision Mondiale qu’on veut voir de nos yeux le travail de l’organisme sur le terrain. On ne tarde pas à rencontrer quelques piaules aux abords de la route ce qui nous laisse croire que nous sommes près de notre but. Pourtant, plus les kilomètres s’accumulent au compteur, moins il y a de signes de vie. Les quelques habitants que nous croisons sur notre chemin ne se donnent même plus la peine de nous saluer tellement ils semblent hébétés par notre passage. Ils n’ont probablement jamais vu de voiture franchir ce secteur et encore moins avec deux blancs à bord. Après quelques heures à rouler vers l’inconnu, nous voilà enfin arrivés dans un village au sommet d’une montagne. Dès qu’on ouvre les portières, les gens sont estomaqués de nous voir débarquer. On est un peu trop l’attraction à notre goût. On s’informe rapidement pour rencontrer un représentant de Vision Mondiale. On nous dit que nous ne sommes pas au bon endroit et qu’il faut continuer jusqu’au prochain village. On n’en revient tout simplement pas de devoir aller encore plus loin. On ne peut rebrousser chemin après avoir fait tout ce trajet donc on se remet en route. Au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans ce lieu isolé, une certaine angoisse s’installe. Maintenant, nous croisons des gens « armés » de machette qui en plus de ne pas nous saluer, nous regardent d’un air menaçant. Le prochain village est peut-être près mais comme le danger semble l’être aussi, on renonce à notre projet. Ces images d’enfants affamés diffusées sur le petit écran resteront dans notre imaginaire pour encore quelque temps.

www.lafolleescapade.com Texte de Carl Auclair et Karine Lejeune L'Actuel , membre du Groupe Québec Hebdo

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