Personne de sa famille ne sait où l’on va par peur que quelqu’un s’échappe. Je conviens avec sa mère que je lui enverrai un courriel une fois arrivés à l’aéroport. Je dis à Carl de préparer sa valise pour un endroit chaud. Je prépare, de mon côté, une valise supplémentaire avec nos équipements de plongée. Je veux qu’il ne se doute de rien. À l’aéroport de Québec, je me présente seule au comptoir de la compagnie aérienne afin de préserver le mystère. Je défends même à Carl de rester proche. Heureusement, nous avons une escale aux États-Unis, ce qui masque la destination finale. Au moment de traverser les douanes américaines, je confie à l’agent que mon conjoint n’est pas au courant de la destination finale, afin qu’il ne révèle rien. Il collabore. Ouf! Ça a passé proche!
L’aventure se poursuit dans l’aéroport puisqu’il s’agit d’une aventure en soi de surveiller tous indices qui pourraient trahir mon secret. Nous arrivons à la porte où a lieu l’embarquement. Je préviens Carl : il n’a en aucun cas droit de regarder l’enseigne lumineuse indiquant notre destination. Sous ma « haute surveillance », il obéit. Nous embarquons finalement dans l’avion. Une fois assis, la pression tombe : j’ai été capable de garder le secret de notre destination jusqu’à maintenant. Le reste est hors de mon contrôle. L’agent de bord annonce le décollage avec les informations de base. Zut, elle dit aussi notre destination.
Mais pour une fois, l’anglais médiocre de Carl joue en ma faveur : Carl comprend Canyon. Il croit donc que nous allons au Grand Canyon. Je n’en crois pas mes oreilles! Même l’agent de bord participe à mon plan surprise! Quel bon plan! Nous décollons. Malheureusement, le titre sur la revue insérée dans la pochette du siège dévoile mon secret : Cayman Islands. Carl réalise qu’il s’était trompé. On se rend aux îles Caïmans et il n’en revient tout simplement pas. Lui qui a toujours voulu aller visiter ses îles paradisiaques, connues entre autres pour leur beauté, la plongée sous-marine et leur fiscalité intéressante.
Hébergement
J’ai loué un condo 2 étoiles qui devait nous accommoder. Nous n’avons pas l’habitude d’être difficiles dans le choix de nos hébergements, mais en même temps, je veux tant que tout soit parfait. La désuétude de l’accueil, où on nous remet les clés, n’est pas inspirante. J’espère que ce n’est pas un présage de ce qui nous attend. Dès que nous ouvrons la porte du condo, mon cœur bat la chamade. Ai-je fait un mauvais choix?
Quelle surprise! Un condo sublime, hyper bien équipé, décoré avec goût avec deux chambres, deux salles de bain, un patio aménagé et une cuisine des plus modernes. Nous pouvons cuisiner à notre guise et même nous concocter un bon barbecue. Bref, c’est pas mal plus chic qu’à notre propre maison. Mais pourquoi deux chambres et deux salles de bain? On se dit qu’on va probablement partager le condo avec un autre couple. C’est trop beau pour être vrai. Le temps file. Personne ne vient. On en conclut que nous sommes seuls. C’est vraiment le paradis.
Découverte
Le lendemain, nous partons à la découverte de l’île. Vingt-neuf degrés Celsius, beau soleil et un léger vent de la mer. Nous longeons la fameuse plage Seven Mile Beach, avec son sable blanc et ses eaux turquoise.
Puisqu’il s’agit d’îles sous l’empire britannique et d’un paradis fiscal, plusieurs Européens y ont élu domicile. Donc, au contraire de l’Amérique latine, notre peau pâle passe incognito. Les épiceries, les voitures, les demeures, tout semble plus luxueux que sur les autres îles des Caraïbes que nous avons visitées auparavant. Nous adorons. Nous en profitons pour faire de la plongée sous-marine et allons à Stingray City, là où les raies dominent les eaux verdoyantes. Nous attirons les raies avec du calmar caché dans nos mains et ces dernières tentent par tous les moyens de nous le soutirer, venant parader leur aiguillon à quelques centimètres de nos yeux. Je cherchais un cadeau pour Carl qui avait du piquant : on peut dire qu’il aura été bien servi…
Pour en savoir plus : www.lafolleescapade.com
(Collaboration spéciale de Carl Auclair et Karine Lejeune)
