(Au maire Labeaume)
Quand on est à Rome, il faut faire comme les Romains, comme le dit l’adage. Et lorsqu’on se présente en politique municipale, on doit en avoir compris le sens des rigoureuses règles à suivre et leur incidence sur l’organisation et la réalisation des promesses faites en campagne électorale. Une ville ne se gère pas comme une roulotte de patates frites. Vous sembliez croire que le fait d’avoir promis un amphithéâtre en campagne électorale pour moins de 40 millions et d’avoir obtenu 79% des votants – et non de la population - vous autorisait à réaliser en criant lapin ce projet qui souffre déjà d’obésité morbide à 180 millions.
En levant le nez sur la nécessité d’appels d’offres publics, vous avez agi et pris des décisions de façon partisane et cavalière, en faisant fi de votre marge de manœuvre et en ne mesurant pas les conséquences de vos actions politiques auprès des citoyens aguerris et allergiques à votre poudre aux yeux. L’homme impulsif, emporté que vous êtes et qui veut s’approprier tout ce qui bouge n’a pas su développer une vision stratégique et tactique appropriée car vous en avez oublié les perspectives d’évolution qui ont vite dressé la table au dérapage qui vous fait paniquer aujourd’hui. Vous avez craché en l’air en ridiculisant les gens qui exigeaient une transparence minimale de votre part lors de votre consultation-bidon sur l’amphithéâtre, laquelle s’est avérée une mesquine prestation de relations publiques. Vous recevez maintenant en plein visage le visqueux résultat. Vous êtes devenu l’arroseur arrosé. Tout est maintenant rendu clair. Comme l’a pressenti le Premier Ministre Harper, ce n’est plus la construction d’un amphithéâtre culturel qui prime, c’est l’arrivée des millionnaires du hockey. Empressons-nous de nous agenouiller et de séduire le gourou Bettman et d’enlever toute trace d’ambiguïté et de complexité face à l’arrivée du club adoré. Enrichissons l’empire Péladeau jusqu’au moment où l’homme d’affaires qu’il est avant tout décidera de retirer ses billes devenues moins payantes après quelques années, tout comme l’a fait un certain Judas Aubut qui ose encore s’exprimer dans le dossier.
La loi spéciale que vous exigez accélérera peut-être l’exécution de votre arche bleue. J’ose toutefois espérer que l’embarcation ne coulera pas corps et biens comme le prétentieux Titanic…
Robert Martel Québec
