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Tribune libre : La rue Racine a-t-elle un avenir ?

Publié le 16 Novembre 2011
Publié le 16 Novembre 2011

De nos jours, nous devons prendre l’auto pour aller vers les fameux boulevards commerciaux issus d’une mentalité typiquement américaine. Pensons au boulevard de l’Ormière : oui, celui-ci est pratique pour ses nombreux commerces et stationnements. Mais cette rue n’offre aucun intérêt architectural; elle est aussi sans âme, tout comme tous les autres boulevards de ce genre à Québec. Une vie de quartier y est absolument impossible. Et pourquoi alors, lorsque nous voyageons, nous émerveillons-nous devant tous ces quartiers « vivants » des villes européennes où résidentiel et commercial font bon ménage et sont architecturalement intégrés ? Et pourquoi pas chez nous ?

Sujets :
Soho de Londres , école Morissette , TRADE MARK , Rue Racine , Québec , Champlain

«Il était une fois au centre-ville de Québec, une rue où les gens étaient craintifs d’aller : secteur à l’abandon et mal famé. Les bâtiments y étaient mal entretenus, même abandonnés à leur sort et les pigeons y faisaient la loi. Comme dans les contes de Dickens, les enfants y avaient peut-être froid … Je vous entends presque pleurer… Cette histoire ne se déroulait pas au XIX siècle, mais bien en 1980. Deux personnes qui avaient bien du cran eurent alors une VISION pour afin d’apporter plus de bonheur, de beauté et d’argent à cette rue. Allant à l’encontre de toute logique, un architecte imaginatif et un homme d’affaires formèrent équipe pour faire de cette rue un petit coin de paradis urbain. Têtes baissées, ils ont presque tout acheté, tout rénové avec goût et vous savez ce qu’il advint de cette petite rue perdue : contre toute attente, elle devint l’un des lieux les plus appréciés des Québécois et des touristes. Et un des soirs avant Noël, surtout si la neige est au rendez-vous, allez vous y promener, tout emmitouflés dans vos chauds vêtements, pour voir les lumières de toutes les couleurs et les belles vitrines... tout en pensant à cette belle histoire. »

Peut-être l’avez-vous deviné : il s’agit de la rue « Petit Champlain ». Et nos deux héros étaient M Jacques DeBlois, architecte, l’un de mes premiers patrons, et M. Gerry Paris, promoteur.

Futur : Oui ça prendra des gens courageux pour poser de grands gestes pour créer un effet « boule de neige ». Actuellement : personne n’ose, tout le monde attend que ce soit quelqu’un d’autre qui agisse avant… La poule et l’œuf quoi …

Mais bravo à ceux qui ont osé et qui croient en ce secteur : Le Piolet, la pharmacie, le fleuriste, le centre de conditionnement physique.

La rue Racine ne peut retrouver le même type de commerces qu’autrefois. Un changement d’orientation s’impose : moins de commerces, plus d’habitations, mais surtout un tout nouveau style d’activités. Avec le charme des petites rues anciennes avoisinantes, l’urbanisme nous permettrait de créer des lieux à caractère plus culturel, plus d’accommodation, plus d’ambiance. Sans vouloir recréer un Soho de Londres, un Greenwich village de New York ni même un quartier Petit-Champlain, ce secteur devra avoir sa propre personnalité basée sur nos racines: notre histoire, notre patrimoine, nos artistes.

Il est aussi primordial de ne pas viser que la clientèle des baby-boomers dont je fais partie, mais aussi les jeunes générations. Si nous oublions cette clientèle, notre avenir, nous courrons vers un échec assuré.

Amener la clientèle :

Parler commerces, c’est parler clientèle. Pour créer une nouvelle clientèle, il y a tout près le site du garage municipal incluant l’école Morissette, bientôt déménagé. Et pourquoi pas aussi le site de l’ancienne ganterie Pleau. On pourrait y implanter des bâtiments résidentiels de moyenne densité : un « quartier nouveau » avec une architecture nouvelle pour ajouter du dynamisme au secteur. Viser une clientèle intéressée à une vie de quartier tout proche.

Ressouder la trame urbaine :

D’abord entre la rue Martel et la rue Giroux ainsi qu’aux deux côtés de l’intersection Racine et Valcartier. Cette intersection pourrait constituer le nouveau TRADE MARK. Y bâtir deux immeubles à caractère commercial et résidentiel avec stationnement intégré.

Fonctions à prioriser :

1) Il est clair qu’une épicerie de taille moyenne serait la bienvenue. En fait, jouer le rôle que jouait originalement IGA. Certaines bannières d’alimentation, de plus petite taille, seraient sûrement intéressées. En plus de la présence d’une pharmacie, d’un bureau de poste, d’une boucherie, des coiffeurs, d’une église…

2) Bravo au Piolet pour son dynamisme; il est même question d’un agrandissement !! Et pourquoi les étudiants du Piolet ne pourraient-ils pas gérer un petit resto dans une maison juste à côté et offrir de bons déjeuners et lunchs aux amateurs de journaux, de bons cafés et de jasette.

3) Relocaliser la société d’histoire sur rue et facilement accessible au public et non pas « cachée » dans la bibliothèque; avec salle de consultations et expositions permanentes. Y inclure aussi l’interprétation des chutes Kabir-Kouba.

4) Créer un véritable musée du cuir.

5) Favoriser le déménagement sur la rue Racine d’artistes et de commerces en facilitant financièrement leur démarrage.

Certains de ces projets impliquent une participation municipale essentielle pour créer le mouvement. Une fois ces initiatives lancées, des promoteurs, pensez au conte de Noël, sauront sûrement utiliser leur imagination… et leurs sous, pour continuer à développer les autres bâtiments.

Je vous entends encore penser au STATIONNEMENT :

On doit poser un autre geste fort, tout comme dans les secteurs denses du Vieux-Québec : construire deux pôles de stationnement à deux étages avec façade architecturale, comme on peut en voir sur la rue St-Paul, tout près du Vieux-Port. Le premier site comprendrait le stationnement de l’ancienne caserne de pompier incluant le site du bâtiment lui-même. Et le deuxième, le stationnement face au Piolet incluant le site du bâtiment à l’est.

Bonne chance à la rue Racine…

Alfred Martel, Architecte

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Hugues Jacques
    - 17 Novembre 2011 à 23:54:00

    Il faut être raisonnable et accepter la conjoncture actuelle. Les petites et moyennes épiceries n'arrivent plus à joindre les deux bouts en raison des changements d'habitudes des consommateurs et des très faibles marges dégagées sur les produits vendus. Les organismes à but non lucratif ont certainement leur place sur la rue Racine, à condiiton que la population les supporte massivement, ce qui n'est pas vraiment le cas actuellement. Il n'y a plus d'argent octroyé pour la création de nouveaux musées, tant au provincial qu'au fédéral. Il y a déjà le CLD qui facilite le démarrage d'entreprises, mais pour cela il faut des entrepreneurs et surtout des besoins à combler dans la population, qui les comble et les comblera ailleurs. Injecter de l'argent public dans de tels projets n'est pas la solution. Et pour ce qui est des stationnements, n'y en a-t-il pas suffisamment actuellement ?On a par le passé démoli de jolies maisons pour en construire. On a récemment empiété sur un terrain destiné aux loisirs pour en construire un nouveau derrière le bureau d'arrondissement. Il me semble qu'on en a assez. Selon moi, il faut effectivement que Loretteville se reconstruise et se modernise. Il y a trop de vieux bâtiments désaffectés et de terrains vacants qui pourraient être remplacés par des habitations de moyenne densité. L'apport de l'administration municipale, dans ces efforts, pourrait se limiter à contraindre les promoteurs à nettoyer et rebâtir à ces endroits au lieu de brûler nos derniers boisés pour y ouvrir une ou deux rues. Nos administrations publiques et parapubliques pourraient également réparer les erreurs du passé et ramener des travailleurs dans le secteur. Pensons notamment au départ de la commission scolaire et du CLSC au cours des dernières années. Le tout aurait pour effet de ramener du monde sur la rue Racine. Ensuite, nous pourrons parler business. Autrement, la rue Racine continuera de tendre vers le Soho des années '70, pour ses sex-shop et ses autres places louches.

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