«C’est le fun», lance Emmanuel Demers, un élève. Il participe, comme de nombreux enfants de Saint-Émile, à Pédibus mis sur pied dans le cadre du programme Mon école à pied, à vélo en collaboration avec Accès Transports Viables et Vivre en Ville, mandataire de Vélo-Québec dans la région. «Ça fait de l’exercice», s’exclame le jeune Shawn interrogé sur Pédibus. Le projet pilote favorise le déplacement vers l’établissement scolaire des enfants à pied. L’expérience se tient jusqu’au 17 mai. «Je trouve ça super. On allait déposer chaque matin notre garçon. Maintenant, ça va instaurer un exemple. Les plus jeunes vont voir les plus vieux. C’est mon fils qui m’a dit qu’il voulait faire Pédibus», témoigne Gaby Garneau.
Trois trajets d’au maximum 1,54 km sont en place autour de l’école. Encadrés à l’avant et à l’arrière par un bénévole, les jeunes marchent deux par deux à la queue leu leu en direction du point d’arrivée sur la rue de Montrachet où le directeur, Marc Fournier, attend les participants. «On pensait avoir cinq ou six enfants par parcours selon le sondage que l’on a fait. Malgré la pluie, le 7 mai, il y avait une quinzaine d’élèves par circuit. C’est au-delà de nos espérances. Le défi, c’est de trouver des bénévoles», commente le directeur de l’École du Vignoble.
L’implication des parents ainsi que du voisinage constitue un élément clé du projet pilote. Deux personnes par circuit sont nécessaires pour assurer la sécurité. Les bénévoles sont équipés d’un dossard et d’une pancarte. «Nous, on marchait vers l’école de toute façon. Si ça peut diminuer la circulation aux abords des écoles», fait valoir la maman de Marius Lachance, Isabelle Gagné. Cette dernière déplore les agissements de quelques parents se stationnant sur les trottoirs lorsqu’ils vont déposer leurs enfants.
Jusqu’ici, le directeur Marc Fournier observe une légère diminution de la circulation dans la rue de Montrachet. «Ça devient un cercle vicieux, note M. Fournier. Plus il y a de parents en auto, moins qu’il y a d’enfants marcheurs.»
Le projet pilote est l’occasion de sonder l’intérêt et l’impact du trajet domicile-école en vue d’organiser un système permanent pour la prochaine année scolaire. Pour cette édition, le comité Pédibus a dû faire appel à des élèves de l’école secondaire de Neufchâtel par manque de volontaires.
Des horaires et des arrêts fixes sont mis sur pied pour permettre aux participants de se présenter au bon moment afin d’entrer dans la ligne Pédibus. Des parents viennent même déposer leur enfant aux endroits déterminés lorsqu’ils habitent trop loin. En plus de promouvoir de saines habitudes de vie par la marche, le programme Pédibus permet d'inculquer les règles de la circulation.
En ce qui a trait aux brigadiers, il semble qu’ils n’ont pas de craintes à avoir par rapport à leur poste. «Le Pédibus ne remplace pas les brigadiers, assure le directeur d’école. C’est un complément. Nous, on n'est pas capable de tenir un Pédibus pendant les 180 jours de classe.» L'établissement scolaire et le comité souhaitent organiser des trajets domicile-école pendant des périodes spécifiques dans l'année. Par ailleurs, la gestion des postes de brigadiers appartient à la Ville de Québec. (Lire le texte écrit à ce sujet sur L’Actuel : Des postes de brigadiers supprimés )
L’école du Vignoble est à la recherche de bénévoles - principalement le matin - afin de voir les possibilités de mettre sur pied un projet Pédibus de façon régulière à partir de l’automne. Les personnes intéressées sont invitées à contacter l’établissement scolaire au 418 847-8290.
L'Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

