«Au début, les enfants étaient déroutés. Ils se demandaient quoi faire», note l’instigatrice du projet et spécialiste en éducation physique, Monia Breton. Cette dernière a été inspirée par Jacques Brodeur, reconnu pour ses travaux ayant pour but de contrer la violence chez les jeunes et créateur du défi dix jours sans écran. L’expérience a été tentée dans une centaine d’écoles au Québec et les résultats ont démontré un changement majeur. La diminution des heures d’écoute de la télévision amènerait une baisse de la violence et de l’obésité. Deux facteurs qui inquiètent l’enseignante d’éducation physique.
«Somme toute, ça a eu des effets positifs. Les parents nous ont demandé de refaire le projet», conclut Mme Breton. Le défi semble avoir permis aux jeunes et à leur famille de découvrir ou redécouvrir de nouvelles activités. «Ils se sont rendu compte qu’il y a tellement d’affaires à faire», ajoute Mme Breton. Les anciens jeux comme l’élastique, les ficelles et les billes ont été sortis des boules à mites.
«J’ai lu, j’ai joué dehors, J’ai étudié plus», explique Anthony Chabot, un élève ayant participé au projet. Il avoue s’être senti plus calme et plus concentré en classe. Pendant le Défi de la dizaine sans écran, ce sont les quatre derniers jours les plus difficiles, selon lui. De son côté, le jeune Alex Perreault a passé davantage de temps avec son père. Plus présent auprès de ses frères et sœurs, le projet semble l’avoir rapproché de sa famille. «Mes frères et sœurs venaient plus souvent me voir»,a-t-il confié.
Les enfants avaient un carnet de bord. À l’intérieur, les parents et les enseignants ont attribué des points lorsque les participants ont démontré des efforts pour ne pas regarder ni télé, ni console de jeux, ni d’ordinateur et ni iPod. Questionnés sur leur expérience, Alex et Anthony s’entendent pour dire que les écrans ne sont pas essentiels pour vivre. «On survit», conclut Anthony. Monia Breton peut maintenant dire: mission accomplie.
L'Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

