M. Verret a indiqué que le zonage de la sablière Charles-Auguste Fortier inc. est illégal. «Elle est hors norme. Depuis 2008, les gens se font sabler tous les jours ou presque. Le proprio a constaté son infraction, qu’il a payée. En 2009, pendant le mouvement électoral et pendant l’hiver, c’était plus tranquille. Depuis quelques mois, l’activité a repris. M. Jobin, à la Ville de Québec, a pris le dossier en main.
Droit acquisLa règlementation actuelle dit qu’il doit y avoir un minimum de 600 mètres entre une telle entreprise et un quartier résidentiel. Toutefois, la sablière est opérée depuis longtemps et son propriétaire a donc un droit acquis, un droit plus souple, qui met la distance minimale à 150 mètres.
Mais l’entrepreneur ne se serait pas arrêté à ce lot ayant un droit acquis, et c’est là où le bât blesse. Sa sablière empiète sur un terrain acheté il y a une quinzaine d’années, un terrain plus près des résidences pour lequel l’entrepreneur ne jouit pas du même droit acquis.
Ainsi, des arbres servant d’écran sont tombés lorsque l’excavation s’est faite et la sablière est maintenant à une soixantaine de mètres des résidences.
La Ville de Québec a fait parvenir, vendredi dernier, une mise en demeure afin de faire cesser cette pratique nuisible pour les résidents du voisinage, qui sont aux prises avec de petites tempêtes de sable lors de grands vents. Il lui est demandé de remettre en état les bordures de la sablière et de remettre en place les arbres qui ont été arrachés ou qui sont tombés. À la limite, si un juge le décide ainsi, la Ville de Québec pourrait faire les travaux elle-même et refiler la facture au propriétaire fautif.
«Parfois, on n’est pas capable d’ouvrir les fenêtres. Les enfants ont du sable dans les yeux. On rentre de dehors et on a souvent la peau «grichoue». On peut moins souvent manger dehors», énumèrent Arsène Cloutier et sa femme, qui demeurent tout près de la sablière, sur la rue Jacque-Verret. «Avant, il y avait de la végétation sur la butte», ce qui retenait le sable. Mais on a avancé, et dénudé cet amas de sable qui vole désormais au gré des vents. «Ça te rafale dans la face», ajoute celui qui dit que la visibilité est radicalement diminuée en période de grands vents.
Le propriétaire de l’entreprise, André Fortier, devrait soumettre un plan d’action sous peu, selon ce qui est exigé dans la mise en demeure. Celui-ci n’a pas retourné l’appel de l’Actuel.
