N’entre pas qui veut dans ce bâtiment situé dans le parc industriel de Duberger. L’accès est limité et l’édifice est divisé en différentes sections. Il y a onze voûtes climatisées selon le type d’objets en vue d’une conservation permanente. «On n’est pas affiché sur la rue, on ne reçoit pas de visiteurs, on n’est pas un lieu public. La raison pourquoi on a un niveau de sécurité c’est que l’on a une collection nationale composée d’environ 250 000 objets de toutes natures confondues, vêtements, costumes mobiliers, textiles, œuvres d’art», explique M. Villeneuve. Ce dernier reconnaît qu’avoir un contact particulier avec ces objets de collection est un privilège.
La gestion des collections est souvent un volet moins connu de la population. Lors des rotations des expositions du Musée de la civilisation, les œuvres et les objets liés à la culture matérielle de la société québécoise doivent être envoyés quelque part et c’est à Duberger que les nombreux trésors se trouvent depuis une dizaine d’années.
Auparavant, la Réserve était située dans Vanier, mais en raison du manque d’espaces, le nouveau bâtiment a été érigé à Duberger en 2002-2003. Une imposante salle de génératrice a été aménagée pour maintenir les conditions de conservation, et ce, en tout temps, avec ou sans électricité. Le degré d’humidité et la température dans les voûtes constituent deux éléments majeurs pour la conservation adéquate du matériel. Par exemple, dans la voûte des métaux, le taux d’humidité est moins élevé afin d’éviter l’oxydation. «On fait de l’archivistique en trois dimensions», ajoute le registraire.
«Les objets conservés ici représentent véritablement un trésor national, précise M. Villeneuve. Ça représente l’évolution du Québec à partir du moment où des collectionneurs ont commencé à rassembler des objets, ici ou ailleurs, mais toujours dans notre histoire qui est propre. […] Il y a tellement de choses intéressantes ici, inusitées, des choses qui ne s’utilisent plus dans la vie de tous les jours, des témoins de l’histoire.» Le Musée, par l’entremise du Service des collections, acquiert constamment de nouveaux objets afin de développer la collection nationale.
Plusieurs étapes avant le rangement final
Un des rôles de ce passionné est de contrôler tout ce qui entre et sort de la Réserve. Les objets passent par tout un processus avant d’être placés sur une tablette. Parmi les différents arrêts que doit effectuer l’objet, la salle de quarantaine est pratiquement un passage obligé lorsqu’il vient d’être acquis. L’objectif est de diminuer les risques d’infestation et d’éviter qu’un parasite vagabonde vers les différentes pièces. Par exemple, un meuble ayant été entreposé dans une grange visitera la salle La Quarantaine.
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Un peu plus loin, un nouvel arrivage. Des robes ayant appartenu par Alys Robi sont suspendues. Puis, deux portes s'ouvrent et dévoilent un espace qui a les allures d'un simple corridor. Il a, cependant, un rôle important à jouer dans la conservation, il s'agit d'un sas. Pour éviter les chocs thermiques, cette pièce précède la voûte réfrigérée. Les objets y sont placés pour permettre une acclimatation.
L’autre porte mène à un local réfrigéré à dix degrés Celsius. Des items organiques et synthétiques comme des raquettes et de la fourrure s’y trouvent. Le froid constitue en quelque sorte une barrière au risque d’infestation parasitaire. Chaque objet est numéroté, étiqueté et identifié à son emplacement.
Le classement s’effectue selon deux lignes directrices, soit le groupe de famille de matériaux et la dimension. Aucune voûte ne possède de fenêtre et de porte extérieure. Le bâtiment a été conçu de façon à ce qu’aucune conduite et canalisation ne puisse causer de dégâts dans les voûtes. Comme quoi rien n’est laissé au hasard.
L'Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

