Alors que d’autres gens inscrivent le tour du monde sur leur liste de choses à faire sans nécessairement le réaliser, les deux voyageurs ont décidé d’oser. C’est réellement la peur du «J’aurais donc dû» qui les a poussés à réaliser ce rêve. Et un peu le fait qu’ils fuient le froid comme la peste…
Carl et Karine voyagent ensemble depuis 2005. Des voyages du type «sac à dos», dans lesquels l’improvisation a une grande place. «Généralement, on ne réserve pas grand-chose. On part, puis on suit le vent!» Ils ont certes commencé à scruter le globe par des voyages organisés, mais leur désir de voir du pays au-delà des points chauds touristiques leur a vite fait prendre une tangente plus aventurière.
C’est ainsi que le jeune couple est à organiser son voyage qui lui fera faire le tour du globe et surtout, les amènera à nager dans les plus beaux sites de plongée au monde, tantôt près des coraux, tantôt en compagnie des requins.
Leur voyage débutera à la mi-octobre aux Îles Galapagos, un endroit réputé pour la plongée et où la faune est riche et particulière à ces îles. Ce lieu qui a inspiré les plus précieux ouvrages de Charles Darwin inspire déjà Karine, qui parle des tortues géantes et des iguanes marins avec une étincelle dans les yeux. La photographe amateur prévoit déjà une cueillette faste de clichés.
Les Émilois prendront ensuite la direction du Pérou, où ils escaladeront le Machu Picchu par le sentier des Incas. Bien qu’il soit possible de faire son ascension en autobus, «on a choisi la méthode plus aventurière pour le faire. Ça prend quatre jours à faire à pied», d’indiquer le programmeur-analyste qui n’a de toute évidence rien d’un geek informatique renfermé.
Ensuite, pendant tout le mois de décembre, les plongeurs scruteront les fonds marins de la mer Rouge, en Égypte. Il s’agit de l’un des endroits les plus reconnus dans le monde pour la plongée. Ils feront aussi une escapade dans le désert, un trajet qui se fera avec des guides. Car l’aventure a ses limites, et la témérité en est une.
«Ça fait quand même pas mal de voyages que l’on fait et on est plus sensibles aux dangers et aux risques. On est plus prudents qu’à une certaine époque», se rappelle Carl Auclair, qui donne l’exemple d’un voyage à Porto Rico, où ils ont rencontré deux hommes en voiture qui leur ont demandé où ils s’en allaient. «Ça tire, là. Si vous descendez, ce n’est pas une bonne idée, vous allez vous faire tirer», d’indiquer le Portoricain. «Est-ce qu’ils nous bluffent ou est-ce que c’est vrai? On n’a pas pris de chance!»
«À Québec, tu te promènes avec un appareil-photo dans le cou, il n’y a pas de danger. Il y a des pays où c’est vraiment dangereux de faire ça. Tu démontres que t’as une certaine richesse et ils peuvent s’attaquer à toi.»
Après l’Égypte, ce sera le Kenya et la Tanzanie, des endroits réputés pour les safaris. Ils visiteront aussi l’Ouganda, pour ses gorilles. Des endroits où les précautions à prendre (vaccins de toutes sortes), sont nombreuses.
En février, le couple plongera en Indonésie. Une façon aussi d’équilibrer le budget, puisqu’il y coûte moins cher de voyager. Ils y exploreront la faune autant sous l’eau que sur terre, pour y voir les dragons de Komodo – les plus grands lézards terrestres – des volcans et des rizières.
Ils débarqueront ensuite en Australie pour y voir la barrière de corail, un must pour les plongeurs, et sur l’Île de Kangaroo. «Carl n’est pas au courant encore. Mais on va là!», lance en riant celle qui fêtera ses 30 ans quelque part en Afrique. C’est elle qui s’occupe de l’aspect «itinéraire» du voyage. En dernier lieu, puisqu’ils y passent, pourquoi ne pas s’arrêter à Bora-Bora, en plein milieu du Pacifique?
Le couple estime qu’il leur en coûtera 50 000$ pour faire ce voyage. Le billet d’avion «tour du monde» – qui permet à un voyageur de payer son billet selon le nombre de kilomètre qu’il parcourra, et ce, dans une seule direction – coûte à lui seul plus de 5000$ pièce. «Avec ce type de billet, si tu pars, tu fais le tour!» Le billet ne permet pas de revenir sur ses «pas». Carl et Karine ont déjà collaboré avec le site web de la revue Géo. Ils aimeraient, à leur retour, faire des conférences pour présenter leur folle escapade. Pour ce faire, ils cherchent de l’équipement de meilleure qualité, comme pour la vidéo. Un zoom de meilleure qualité, un caisson étanche pour la photographie sous-marine, ou tout autre équipement qui pourrait les aider dans leur périple. Après ce tour du monde, les deux Émilois auront visité la plupart des meilleurs endroits de plongée au monde. Reste qu’ils sont encore jeunes et il est fort à parier que ce tour du globe n’est pas le dernier de leurs voyages!
On peut visiter leur site Web au www.lafolleescapade.com

