Une exposition prolongée au gaz radioactif naturel accumulé dans une maison peut avoir de lourds effets sur la santé des résidents. Santé Canada invite les Québécois à effectuer des tests de radon sur une période de trois mois entre octobre et avril pendant la période de chauffage. Les détecteurs sont en vente dans les quincailleries. Le coût s’élève entre 50 et 100 $ comprenant l’analyse. À moins de gros travaux sur le bâtiment, le test est fiable pour plusieurs années.
«On reçoit pas mal d’appels de gens de la Capitale-Nationale ayant obtenu un diagnostic de niveau de radon élevé», soutient la spécialiste en rayonnement à Santé Canada, Isabelle Vézina. Une étude de Santé Canada est en cours afin d’analyser 2000 mesures aléatoires au Québec. Jusqu’ici, le travail effectué par Santé Canada révèle que la présence élevée de radon n’est pas concentrée dans une région en particulier. «Il n’y a pas une municipalité où au moins une résidence n’a pas un taux dépassant la norme de 200 becquerel, l’unité de mesure de la radioactivité, par mètre cube», mentionne Mme Vézina ajoutant que 9% des bâtiments résidentiels québécois sont touchés.
«La présence de radon a toujours existé, précise la spécialiste en rayonnement. Ce qui a changé, c’est la preuve comme quoi ça peut être un problème dans les maisons. La démonstration s’est faite plus tard vers 2000-2004.» Le radon s’introduit dans les résidences par les fissures, les puisards et les joints au sous-sol. En raison du chauffage notamment, la maison aspire les gaz souterrains jusqu’au sous-sol et au rez-de-chaussée.
Des services d’atténuation existent afin de corriger le problème. Puisque le risque existe à long terme contrairement au monoxyde de carbone, par exemple, Mme Vézina recommande de prendre son temps quant au choix de l’entreprise et du traitement. Le spécialiste doit être certifié par l’un des deux organismes reconnus par Santé Canada, National Environnement Health Association (NEHA) et National Radon Safety Board (NRSB).
Il est également possible de vérifier le type de solutions offertes habituellement afin de s’assurer de la validité du traitement. Le Guide canadien à l’usage des entrepreneurs professionnels peut être une bonne référence, selon Mme Vézina. Cette dernière ajoute qu’une garantie du résultat et une mesure post évaluation doivent être exigées afin de valider la diminution du taux après les travaux.
Quoi qu’il en soit, le risque demeure un danger à long terme et Santé Canada sensibilise les propriétaires de résidences dans le cadre d’un programme de prévention. La Ville de Sainte-Julie prête des dosimètres depuis quelques années. Il s’agit d’une solution intéressante incitant ainsi les citoyens à agir à faible coût.
L'Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

