L’activité est symbolique, en plus d’être riche en expérience, puisqu'une dizaine de participants à l'expédition sont atteints de dysphasie, un trouble neurologique affectant la communication. Les personnes ayant reçu un diagnostic peuvent éprouver des difficultés à comprendre ses interlocuteurs et/ou à s’exprimer. Le défi encadré par l’Association québécoise de la dysphasie est à la fois personnel, en plus d’être physique.
L’aventure d’une durée de deux à trois semaines vise le dépassement de soi. «Malgré la dysphasie, il est possible de réaliser ses rêves», explique l’élève en cinquième secondaire à l’école secondaire de Neufchâtel. Cette dernière souffre principalement de trouble de compréhension du langage. Par exemple, lorsqu’une personne parle trop vite ou donne beaucoup d’informations en même temps, la compréhension est plus difficile.
Passionnée de voyage, l’adolescente de la Haute-Saint-Charles n’en sera pas à sa première expérience de voyage. «J’ai hâte de découvrir surtout les cultures, les personnes et les paysages là-bas», confie-t-elle. La Lorettevilloise démontre, à travers les différentes embûches, énormément de persévérance. Elle fait d’ailleurs du théâtre depuis une dizaine d’années et poursuit ses études au niveau secondaire dans le cheminement scolaire régulier. L’an prochain, elle fera le saut au collégial. Sophie-Laurence s’est inscrite en Gestion de commerces au Collège François-Xavier-Garneau.
Dans le cadre du projet La dysphasie, au-delà du sommet, l’élève a mis sur pied un kiosque en vue de sensibiliser les enseignants et les jeunes à la dysphasie. Un geste qui n'est pas nécessairement évident à poser à l’adolescence. «C’est quelque chose de gros pour une jeune dysphasique. Elle vit une grande démarche d’acceptation. Elle a décidé de s’assumer et d’en parler», note sa mère, France Durand.
Du même coup, Sophie-Laurence a fait à son école la promotion d’une activité de financement prévue le 19 mai à la station de ski de Stoneham. La population est invitée pour le 25e anniversaire de l’Association québécoise de la dysphasie à participer à leur façon à l’ascension du sommet. Les participants graviront la montagne. Le cumulatif des kilomètres parcourus totalisera la distance que les aventuriers arpenteront l'automne prochain.
Dans le groupe formé d’une dizaine de jeunes accompagnés de plus d'une trentaine d'accompagnateurs, des amitiés se sont déjà créées lors des ateliers de formation. Il s’agit aussi d’un défi de socialisation puisque le principal obstacle survient lors de relations interpersonnelles. En plus des rencontres préparatoires, les participants doivent s’entraîner afin de préparer leur corps à cette expédition hors du commun. La jeune fille de Loretteville a ajouté à son horaire une heure d’activités physiques afin d’être prête et en forme à l’automne.
«Ça va changer des vies. C’est un tremplin pour ces jeunes», ajoute l’orthophoniste et accompagnatrice au Népal, Christine L’Heureux. Le périple sera filmé par une équipe de tournage en vue de présenter un documentaire. L’outil immortalisera à jamais l’expérience et contribuera à faire connaître la dysphasie. L’un des buts recherchés dans ce projet est d’améliorer notamment le soutien pour la réussite scolaire.
La pièce de théâtre «Le voyage d’Ulysse» sera présentée au profit du projet «La dysphasie, au-delà du sommet» les 11, 12 et 13 mai à la Maison Jaune. Sophie-Laurence Canuel fait partie de la distribution. Pour plus d’infos, il est possible de contacter France Durand au 418 580-8843 autant pour la pièce de théâtre que pour l’activité-bénéfice à Stoneham.
L'Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

