Il y a 15 ans, Vanier avait de la difficulté à se recruter un curé. La paroisse avait la réputation d’être difficile. On a finalement offert à l’abbé Gingras, qui connaissait bien la paroisse, la charge de Notre-Dame de Vanier. Selon Denise Drouin, une des membres du comité de citoyens pour la sauvegarde du curé, la paroisse aujourd’hui s’autofinance et remet même chaque année 25 000$ au diocèse de Québec, le curé n’est certainement pas étranger à ce phénomène et à l’augmentation de la fréquentation, selon elle. «Le curé Gingras s’est tellement impliqué dans la communauté à tous les niveaux: scolaire, communautaire, sportif et culturel qu’il s’en est peut-être rendu malade», ajoute-t-elle.
Le mandat actuel du curé de l’église de l’avenue Bélanger se terminera en juin. «L’abbé Gingras est heureux ici et il est apprécié dans la communauté, pourquoi devrait-il partir? Cela défi tout logique», renchérit Mme Drouin. «L’Église parle beaucoup d’accommodements. Les paroissiens de Vanier en demandent un, raisonnable... L’Église doit assouplir certaines de ses règles désuètes», évalue-t-elle.
Une rencontre à ce sujet a eu lieu le mois dernier entre Mgr Gilles Lemay, évêque auxiliaire de Québec, et des membres de la coalition. Un mois s’étant écoulé et la coalition n’ayant toujours pas reçu de nouvelles, elle a décidé de passer en mode action. Selon les informations que la coalition détenait, la décision finale du diocèse dans ce dossier devait être prise d’ici la fin janvier, elle avait peur d’être prise de court.
Des affiches ont été placées dans différents commerces de la paroisse et près de 1000 signatures ont été récoltées, jusqu’à maintenant affirme Mme Drouin.
La politique de rotation avait été mise en place pour assurer une meilleure déserte de toute la communauté chrétienne; chaque curé ayant ses forces et faiblesses, explique Mgr Lemay à L’Actuel. «Au cours des dernières années, cela s’est produit qu’un troisième mandat soit accordé afin que des curés plus âgés terminent leur carrière dans une même paroisse», admet-il. À 50 ans, l’abbé Gingras est encore dans la fleur de l’âge. «À ma connaissance, ajoute-t-il, c’est la première fois qu’une pétition est recueillie pour garder un curé dans une paroisse.» M. Lemay ne va pas aussi loin que d’affirmer que cette action puisse avoir un impact sur la décision finale. «La décision ne sera pas rendue tout de suite de toute façon, ça pourrait aller aussi loin qu’à Pâques», conclue-t-il.
Vanier se mobilise pour son curé
Depuis une cinquantaine d’années, les curés comme les présidents américains ne peuvent exercer plus de deux mandats dans leurs paroisses respectives au Québec. Une dizaine de citoyens de la paroisse Notre-Dame de Vanier se sont pourtant mis en tête d’y recueillir 4000 signatures réclamant au diocèse de Québec le renouvellement du dernier mandat de l’abbé Pierre Gingras, curé de la paroisse depuis 12 ans.
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