Ne cherchez pas les pompons et ne les appelez-pas pom-pom girl, vous pourriez les froisser. Les cheerleaders de l’équipe Galleon All Stars sont des athlètes à part entière, et vous ne les verrez pas sur le bord d’un terrain à soutenir une équipe sportive.
Ces filles-là ont leur propre sport, et en février 2011 elles ont formé une équipe avec leur seule motivation. Elles ont de 15 à 23 ans, souvent anciennes gymnastes, et à raison de cinq heures par semaine, elles s’entraînent à sauter, voltiger, et se synchroniser, encore et encore.
Le cheerleading est un sport intense. "À la fin on a le souffle coupé. Lors des portés, il faut pouvoir recevoir la charge de quelqu’un associée à la gravité", décrit Steffi Jacques, vice-présidente du club québécois. Chaque mouvement doit être parfait et sembler facile, et si quelqu’un se blesse, le spectacle doit continuer coûte que coûte. «On a déjà vu des filles saigner du nez ou avoir une dent arrachée et aller jusqu’à la fin de l’enchaînement quand même», raconte Maryse Nashime, présidente du club. Les bleus sont donc leur lot quotidien.
Quand tout est rodé, le combiné forme ce que l’on appelle une routine, une chorégraphie de 2’30 minutes à présenter en compétition. Les Galleons reviennent d’ailleurs des États-Unis où elles ont participé aux championnats du monde. Là-bas, leurs efforts ont payé. Avec leur énergie et leurs sourires, les cheerleaders québécoises ont réussi à se classer 24e sur 35 équipes de leur catégorie. Un beau résultat face à des équipes américaines surentraînées.
Engagement total
Si elles s’autogéraient jusqu’à maintenant, les jeunes filles ont décidé de s’associer à un autre club de la ville, Infinity All Stars, qui possède des capitaux et un local fixe pour les entraînements. «C’était dur d’aller chercher des commanditaires, et à raison de 2000 $ par fille pour se rendre à Orlando, c’était dispendieux. On veut assurer une continuité.»
Peu de personnes travaillent à temps plein dans le cheerleading dans l’Est du pays, mais le sport émerge doucement en civil. Présidente et vice-présidente du club, Maryse Nashime et Steffi Jacques sont d’ailleurs de simples étudiantes, qui investissent une grosse partie de leur temps dans leur passion.
Elles sont aussi engagées émotionnellement dans l’équipe. Ébranlées par le suicide de l’une des leurs au début du printemps, les filles ont décidé de lui rendre hommage en participant au marathon des Deux Rives. Fin août, elles seront 17 à courir 10 kilomètres pour recueillir des dons pour Prévention Suicide Québec. Puis l’entraînement reprendra pour les prochaines compétitions, avec un objectif pour les athlètes : «se faire un nom».
Pour plus d’informations, le club est présent sur les réseaux sociaux sous le nom «Galleon Wgaca Cheerleading».
Charlesbourg Express, membre du Groupe Québec Hebdo

