Troisième anniversaire de la disparition de Marilyn Bergeron : la famille entre l’espoir et l’impatience


Publié le 17 février 2011
Marilyn Bergeron

Le 17 février 2008, Marilyn Bergeron, 24 ans, quittait le domicile familial de Loretteville pour ne plus jamais donner de nouvelles. Trois ans plus tard, ses parents gardent espoir de la retrouver vivante tout en critiquant les lenteurs de l’enquête policière et en exigeant la mise en place d’une brigade spécialisée dans la recherche de personnes disparues.

La famille Bergeron s’est faite plus discrète dans la dernière année, le plus souvent disent ses membres par peur d'en dire trop ou même de contrecarrer l'enquête. Il reste qu’Andrée Béchard, la mère de la disparue, déplore les longs délais dans l’enquête policière.

«Pour la vérification des informations concernant la disparition de notre fille, on a souvent attendu six à neuf mois, parfois un an avant de savoir que des informations ont été vérifiées. Ça a minimisé les chances de retrouver notre fille. Dans la mémoire des gens, c’est moins palpable après tout ce temps. On trouve ça difficile, indique Andrée Béchard.

La volonté de trouver une personne disparue, quand ce n’est plus prioritaire pour les policiers, on le sent comme famille. On vit déjà ça difficilement une disparition, c’est très éprouvant, très stressant et très perturbant de devoir vivre ça en plus.»

Du côté de la police toutefois, la capitaine Nathalie Lord, responsable aux affaires publiques, assure que l’enquête se poursuit. «On continue notre travail. Les informations transmises ont été traitées et les informations qui vont continuer à être transmises vont continuer à être traitées. On déploie tous les efforts nécessaires pour faire au mieux notre travail. Notre but c’est le même que celui de la famille : retrouver Marilyn.»

Brigade spécialisée

Pour la famille de Marilyn Bergeron, la solution repose dans la création d’une brigade spécialisée qui s’occuperait uniquement des disparitions. «C’est décevant comme processus d’enquête, c’est pour ca qu’une brigade spécialisée pour les disparitions, ça presse au Québec. Les policiers ont beaucoup de travail, ils ne peuvent pas tout faire. On pense que pour Marilyn, si ça avait été une brigade spécialisée, ça se serait mieux passé», estime Mme Béchard.

La famille continue d’espérer le retour de Marilyn et continue d’y travailler activement. «On ne peut pas se fier entièrement à la police. On travaille, on envoie encore des infos aux policiers. On a signé une pétition pour la création d’une brigade spécialisée et on l’a déposée à l’Assemblée nationale. Ce ne sont pas toutes les familles qui ont encore l’énergie pour continuer après trois ans», constate la mère de la disparue.

Quant à l’espoir de retrouver Marilyn, il est encore bien présent. «Nous avons toujours espoir. Elle est partie avec un secret, on ne sait pas lequel. C’est vraiment un vide épouvantable. Et puis il faut être réaliste, c’est possible qu’elle soit décédée. C’est peut-être même plus probable que de la retrouver vivante», estime la mère de famille.

Pour souligner le troisième anniversaire de la disparition de Marilyn Bergeron, sa famille a décidé d'organiser un événement avec ses proches. C'est sur une note d'amitié et d'espoir que se réuniront ceux qui continuent de penser à elle. Cet événement de mots et de musique, à l’image de deux grandes passions de Marilyn, se déroulera ce samedi dans un établissement hôtelier de la Ville de Québec. Des allocutions des représentants de l'AFPAD et Enfant-Retour marqueront le début de la soirée, ainsi que des témoignages de sa famille et ses amis.