Front commun pour le retour d’un CLSC à Val-Bélair


Publié le 10 février 2017

EXCLUSIF. Une pétition commence à circuler dans des commerces du quartier Val-Bélair de Québec. Un groupe de citoyens alarmé par la possible disparition du service sans rendez-vous dans le secteur veut se faire entendre du CIUSSS de la Capitale-Nationale et du ministre de la Santé du Québec.

Des citoyens en ont assez d’être redirigés vers d’autres secteurs pour recevoir des soins. Depuis la fermeture du CLSC de Val-Bélair en 2010, de nombreux services ont été déplacés à l’hôpital Chauveau de Loretteville. Si le sans rendez-vous offert à la Clinique médicale de Val-Bélair devait lui aussi fermer, le secteur serait plus que jamais à découvert, craignent les membres du Group'Action Val-Bélair et le député Éric Caire, qui les épaule.

À défaut de pouvoir se conformer aux exigences du projet de supercliniques du ministre Gaétan Barrette, la clinique se dirige vers une rétrogradation de son statut le 1er avril, résume le député de la Peltrie. Suivant ce scénario, les patients non-inscrits seraient désormais redirigés vers l’hôpital Chauveau, dénonce Francine Dion du Group'Action Val-Bélair.

Environ six kilomètres séparent le centre de Val-Bélair de l’hôpital, mais le transport en commun est déficient dans le secteur, ce qui le rend difficilement accessible, martèle Mme Dion. Rien pour faciliter la tâche aux personnes « en situation de crise, vulnérables et sans réseau », plaide le groupe dont elle fait partie. 

Val-Bélair est le 3e arrondissement le plus populeux de la ville et compte le plus de jeunes de 0 à 18 ans, renchérit le groupe, secondé par Éric Caire, selon qui le quartier « a les deux extrémités des spectres d’âges en bonne quantité ». 

Une « affiche » et une « réceptionniste »

La pétition lancée jeudi vise à mettre fin à la vulnérabilité perçue en matière de soins de santé à Val-Bélair. La problématique est sur la table depuis quelque temps, mais le CIUSSS de la Capitale-Nationale n’entend pas raison, selon le député de La Peltrie.

En novembre dernier, la direction générale a « fermé la porte » à des bonifications de service évoquées dans le cadre de discussions avec le Group'Action Val-Bélair, rapporte le député.

Alors qu’on avait lancé la possibilité d’avoir un « point de service » du CIUSSS dans le quartier, les membres du groupe citoyen ont appris par courriel qu’on opterait plutôt pour changer l’affiche de l’actuel Centre jeunesse pour une affiche du CIUSSS et qu’une « réceptionniste » y serait installée de sorte à accueillir les patients et à les orienter, dénonce Éric Caire. « Ce n’est pas ce dont on a besoin », s’insurge-t-il. « Ce n’est pas une réceptionniste qu’on veut, renchérit Francine Dion, c’est quelqu’un qui travaille ».

Pas de projet, dit le CIUSSS

Questionnée pour plus de détails, une porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale a démenti l’existence d’un tel projet au terme de nombreux échanges téléphoniques. « Il n’y pas de projet d’avoir une secrétaire au point de service au Centre jeunesse [ancien CLSC]. Ça n’a rien à voir », a déclaré Annie Ouellet dans un message téléphonique.

La porte-parole a du même souffle rappelé que les cliniques médicales, dont celle de Val-Bélair, ont jusqu’au 31 mars pour « choisir » leur statut, c’est-à-dire se conformer aux exigences du projet de supercliniques. « C’est vraiment la première étape à franchir et tant que cette étape-là n’est pas franchie, le reste ne s’enclenche pas; c’est-à-dire, est-ce que les ressources du CIUSSS vont être déplacées ou pas? Tout ça est en attente », conclut-elle.

La pétition du Group'Action Val-Bélair doit être rendue disponible au bureau du conseiller municipal de Val-Bélair, Sylvain Légaré, de même que dans certains commerces du secteur, comme le Maxi, la pharmacie Brunet, le Centre de la famille de Valcartier et le Club de l’âge d’or, notamment.

TC Media