Du couponnage chez Amélie et Frédérick, Service d'entraide

Atelier d’Art alimentaire à Neufchâtel


Publié le 7 novembre 2013

Un groupe est réuni autour d'un amoncellement de coupons-rabais déposés sur une table. Debout, Valérie Champagne et Valérie Lavoie ont en main de petits classeurs et des cartables remplis de ces billets précieux. Les deux expertes tiennent un atelier sur le couponnage dans le cadre des nouvelles activités d’Art alimentaire chez Amélie et Frédérick, Service d'entraide.

Le couponnage -en anglais «couponing»- vise à collectionner les coupons-rabais en vue de faire des économies principalement lors de l’épicerie. «Je me suis intéressée au couponning après avoir vu des émissions de télévision américaine, explique Valérie Champagne. À cette époque, j'étais en congé de maternité et je me disais que ce serait bien d'économiser un peu mes sous. J'ai commencé tranquillement en me renseignant sur Internet. J'ai trouvé des sites en parlant un peu, des groupes Facebook et des sites où il est possible de commander des coupons gratuitement. J'ai commencé par un coupon ou deux. Maintenant, j'ai une chouette réserve avec des produits pour un an dans certains cas.»

Les deux femmes ont donné de nombreux trucs quant au classement, aux lieux où les coupons-rabais se trouvent et les façons de procéder avant d’aller faire son épicerie. Par exemple, l’espace peut être un frein. Les réserves nécessitent de la place ce qui n’est pas toujours possible pour tout le monde. «Lorsque l’on commence, c’est important de faire une liste de nos besoins. Sinon, on a l’impression que ce n’est pas cher, mais au bout du compte, on en a 50», fait valoir Valérie Lavoie.

«Je crois que le couponing gagne en popularité. De plus en plus de gens en font à petite, moyenne ou grande échelle. En plus, ce n'est plus juste ceux ayant un faible revenu qui le font. Ils ne le font pas juste par nécessité, alors c'est moins tabou», ajoute Valérie Champagne. Un point de vue partagé par la présidente du conseil d’administration d’Amélie et Frédérick, Service d'entraide, Diane Dion. C’est d’ailleurs à la demande d’usagers de l’organisme que l’idée est venue d’inviter deux passionnées de couponnage. «Il y a eu un engouement et on a décidé de faire un atelier en vue de démarrer des journées d’échange de coupons», confirme Diane Dion.

L’activité d’Art alimentaire est une nouveauté au sein de la programmation d’Amélie et Frédérick, Service d'entraide. Le projet a été mis sur pied en collaboration avec Projet Le Pont et le député de Chauveau, Gérard Deltell, ayant contribué avec une somme de 1000$. «Les ateliers visent à donner des outils. Vaut mieux montrer à pêcher que donner à manger», explique M. Deltell ajoutant que le secteur de Neufchâtel –Est est une zone où la précarité est plus élevée.

La collaboration financière de M. Deltell pourrait se répéter. Il confirme que d‘autres quartiers pourraient bénéficier d’un soutien. «Si le besoin se fait sentir, d’autres ateliers alimentaires et budgétaires pourraient être tenus ailleurs», mentionne l’élu.

Des économies de 30%

«Je crois que je peux dire sans me tromper qu'on peut économiser le tiers de sa facture d'épicerie par semaine», fait valoir Valérie Champagne. Sur un relevé d’une épicerie régulière s’élevant à 57,74$, Mme Champagne a déboursé une somme de 39,41$. Elle a donné par contre 18,33$ en coupons divers, une économie de 32%. La facture comprend notamment des œufs, des céréales, du lait, du pain, du maïs soufflé, des haricots en conserve, de la margarine, de la viande, des fruits, des légumes et du yogourt.

«C'est le type d'économie que je fais en moyenne. C'est certain que des personnes vont dire qu'elles font beaucoup plus d'économies. Par contre, si l’on regarde leurs achats, elles ont beaucoup de produits du même type, par exemple, des chandelles parfumées, des produits nettoyants. Je crois que ce n'est pas réaliste pour ceux qui débutent et qui veulent faire une épicerie normale», conclut-elle.

 

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site conçu: www.trouvetonrabais.ca

Pour connaître les prochains ateliers d’Art alimentaire: http://www.amelieetfrederick.com/ ou 418-845-3073.

L'Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo