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Musique, chants, et cris, une église pas comme les autres!

Le Carrefour Chrétien de la Capitale

Publié le 8 août 2007

L’édifice arborant une énorme croix, à l’angle des boulevards Lebourgneuf et Pierre-Bertrand à plus des allures d’entrepôt, que d’église. Pourtant, près de 500 fidèles s’y rencontrent chaque dimanche matin pour célébrer leur foi chrétienne en une messe fort animée.

L’église du boulevard Lebourgneuf est évangélique, une branche pentecôtiste du protestantisme. Le Pasteur Sylvain Tousignant du Carrefour Chrétien de la Capitale insiste sur le fait que son église est ouverte à tous les chrétiens qui souhaitent renouer avec l’Évangile. Le message y est, selon lui, plus près chez eux de la vie quotidienne contemporaine.

Il explique que la sobriété de l’édifice est représentative de la vision évangélique de la chrétienté. «Nous croyons que l’édifice n’est pas important, énonce M. Tousignant, il doit simplement être fonctionnel. C’est le message du Christ qui compte pour nous.»

L’aspect très interactif, bruyant des rencontres du dimanche matin pourrait surprendre les catholiques, entre autres, habitués à plus de retenues à l’église. Il admet que parfois, certaines personnes ne sont pas à l’aise avec la formule. La durée de la célébration, deux heures, est inhabituelle aussi.

Parmi les autres différences notables, il est à noter que les pasteurs évangéliques (prêtres) peuvent se marier et les femmes ont la possibilité d’être ordonnées. Il insiste sur le fait qu’aucun engagement ou frais ne sont exigés à ceux qui souhaitent découvrir cette façon différente d’aborder la foi chrétienne. Le pratiquant pourra éventuellement s’il le souhaite souligner son adhésion au mouvement en un baptême par immersion complète confirmant son engagement dans la foi en tant qu’adulte.

Moins de règles

Jacques Veilleux, 67 ans, a délaissé progressivement la pratique catholique dans laquelle il a grandi. Originaire de la Beauce il a passé son enfance sur le terrain de l’église de la paroisse, voisine de la résidence familiale.

Enfant de chœur, servant de messe, il affirme avoir grandi dans la rigidité de la religion catholique: messe en latin, péchés mortels, etc. La crainte d’un dieu punisseur, du péché qui doit être confessé, repenti était omniprésente pour lui. «La religion catholique pour moi ce n’était que des règles à respecter.», résume-t--il.

Il s’est mis à douter, en vieillissant, du fait que l’on pût gagner son ciel en brulant 50 lampions ou en se confessant. C’est à l’âge de 43 ans qu’il a commencé à s’intéresser à l’église évangélique.

Selon lui, le catholicisme est une religion alors que l’évangélisme est une relation avec Dieu. L’obtention du salut s’y obtient gratuitement et non par mérite. «L’idée d’un ciel ouvert à tous sous l’unique condition de l’acceptation que Jésus-Christ s’est sacrifié pour nous sauver me plaisait, cela rejoignait ma volonté de croire en un dieu généreux qui pardonne.»

Il a été époustouflé lors de ses premières célébrations liturgiques de voir à quel point les «messes» étaient vivantes, loin des messes mornes de son enfance. «J’ai apprécié aussi l’accessibilité pour tous du message de Dieu. Je n’avais jamais touché une bible avant la quarantaine. Je me suis mis à la lire. Pour moi le message de la bible, avant, était réservé aux curés qui, seuls, pouvaient le déchiffrer.